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Histoire des Arts

Ce blog est rédigé par les élèves du lycée de Clamecy en option histoire des arts & Patrimoines


Daumier et dessinateurs de presse

Publié par Histoire des Arts sur 17 Avril 2014, 14:45pm

La caricature est un type de satire consistant en un portrait (dessiné ou peint) comportant des traits exagérés, accentuant sur les défauts physiques ou de caractère et ayant le plus souvent pour but de se moquer de la personne visée. La caricature était déjà présente à l'époque de la Grèce antique et a connu une forte hausse de popularité au XIXe siècle, avec l'essor de la presse. Souvent critiquée et censurée car se moquant d'Hommes puissants et influents, nous allons tenter de voir

 

En quoi les dessinateurs de presse contemporains et plus particulièrement Plantu sont-ils des héritiers de Daumier, caricaturiste et critique du XIXe siècle?

 

 

Sources: -BnF « Les héritiers de Daumier ».

-Le Monde.

-Wikipédia (Daumier; plantu)

-Honoré-Daumier.com

-Arrêtsurimages.net

 

 

Plan général:

-Analyse et comparaison de l'esquisse originelle de Philipon ainsi que du dessin final de Daumier.

-Analyse du dessin de Plantu reprenant l'idée de la poire ainsi que du dessin faisant la Une de Courrier International.

-Analyse et comparaison des dessins de Plantu et Cabu inspirés du dessin original de Daumier représentant le roi sur un pavois.

-Analyse et comparaison de deux dessins de Daumier et Plantu critiquant la censure de la presse.

-Conclusion.

 

 

 

 

Les poires:

 

 

Les poires, illustration d'Honoré Daumier parue dans le journal La Caricature, 1831

Les poires, illustration d'Honoré Daumier parue dans le journal La Caricature, 1831

 Charles Philipon (1800-1862) La Métamorphose du roi Louis-Philippe en poire 1831. Dessin à la plume et à l'encre brune. 24,7 x 21,7 mm (feuille). Annoté en bas, à gauche : "Philippon" [sic] BnF, Estampes et Photographie, Rés. B-16-Boîte

Charles Philipon (1800-1862) La Métamorphose du roi Louis-Philippe en poire 1831. Dessin à la plume et à l'encre brune. 24,7 x 21,7 mm (feuille). Annoté en bas, à gauche : "Philippon" [sic] BnF, Estampes et Photographie, Rés. B-16-Boîte

Nous pouvons remarquer que Daumier représente le roi en accentuant sur les rides, l'ombrage rend la tête plus sombre et d'une manière générale, le dessin de Daumier fait paraître le roi plus âgé, plus laid et surtout, lui donne un air sévère, voire même agressif.

Nous pouvons voir que chez les deux artistes, les cheveux se raréfient pour laisser place à des feuilles, les rides et le relief général du visage s'estompent afin de laisser place à une peau complètement lisse et le visage se déforme et se tasse afin de laisser place à une véritable poire. Cette caricature est une manière de dénoncer le manque d'efficacité du roi au fil du temps, en le transformant en poire, allusion au fait que le roi soit devenu inerte et incapable de faire la moindre chose pour la France et son peuple.

 

 

De nos jours, cette caricature a été reprise de nombreuses fois, parfois de manière évidente, parfois de manière plus allusive. Nous pouvons citer comme exemple Plantu, avec son dessin représentant Fabius et Rocard, deux hommes politiques français:

 

 Plantu [Fabius-Rocard] paru dans L'Express en 1993

Plantu [Fabius-Rocard] paru dans L'Express en 1993

 

Ici, nous remarquons que le procédé est l'inverse de celui de Daumier: Plantu part d'une simple forme évoquant celle de la fameuse poire puis rajoute des yeux, des cheveux et termine le visage en ajoutant les détails. Cette fois-ci, ce dessin a été réalisé afin de se moquer de deux hommes politiques qui présentent de nombreuses similitudes et qui pourtant se détestent et entrent en compétition en politique. Malgré tout, le procédé reste similaire et le but est toujours de se moquer de personnes importantes par le biais d'un dessin qu'à priori tout le monde peut comprendre.

 

 

Autre reprise de la poire de Daumier, nous pouvons citer ce dessin faisant la Une du journal Le courrier International datant du 23 aout 2012 et sur lequel nous pouvons reconnaître François Hollande représenté sous la forme d'une poire avec une petite feuille aux couleurs de la France. Cette fois-ci, la référence est évidente et cherche à faire passer le même message que Daumier, en visant François hollande.

 

À la une de Courrier international du 23 août 2012, ce portrait de François Hollande en forme de poire

À la une de Courrier international du 23 août 2012, ce portrait de François Hollande en forme de poire

 

 

Le roi, figure emblématique de l'infériorité du peuple:

 

Autre exemple de l'influence de Daumier sur les dessinateurs contemporains, la lithographie représentant le roi sur un pavois a également été reprise par Plantu et Cabu:

 

 

Chez les trois dessinateurs, nous pouvons remarquer que le roi ( ou l'homme politique) est situé en hauteur, au dessus de la population. Les personnes représentant le peuple, quant-à elles, sont situées en dessous du roi et soutiennent le pavois sur lequel celui-ci se tient. Nous pouvons remarquer que sur les trois dessins, l'effort se lit sur le visage des personnages qui soutiennent la personne tandis que celle-ci adopte une posture relativement droite, évoquant la supériorité, la noblesse.

 

 

Défendre la liberté d'expression:

 

A toutes les époques, les dessinateurs de presse partageaient une même conviction: défendre la liberté d'expression de la presse et combattre la censure politique.

Qu'il s'agisse de Daumier ou Plantu, le recours à la caricature est le moyen employé afin de dénoncer cette censure souvent injuste.

 

Voici deux dessins de Daumier et Plantu:

 

Sur le dessin de Daumier, nous pouvons voir un imprimeur typographe utilisant une presse industrielle. L'homme se faisant «presser» est encore une fois le roi Louis Philippe, reconnaissable par le parapluie présent au premier plan (Louis Philippe ayant un jour troqué son sceptre contre un parapluie). Cette lithographie a été réalisée dans le but de dénoncer la censure injuste exigée par le roi à partir du moment où les critiques des dessinateurs visaient celui-ci.

De son côté, Plantu a choisi de représenter le prophète Mahomet, dont la représentation à plusieurs reprises avaient suscité une large controverse depuis 2005, sous forme d'une punition d'école dans laquelle la phrase «Je ne dois pas dessiner Mahomet» est inscrite plusieurs fois afin de former le visage dudit prophète. Encore une fois, le but de ce dessin est de s'attaquer à la censure de la presse mais cette fois-ci, la cible n'est plus le gouvernement mais la religion.

 

Pour conclure, nous pouvons nous rendre compte que malgré la différence d'époque, les dessinateurs de presse et artistes contemporains s'inspirent largement de leurs homologues du XIXe siècle. Animés par les mêmes convictions, ils ont largement recours à la caricature afin d'exprimer ce qui leur tient à coeur et dénoncer ce qu'ils jugent indispensable de changer. Honoré Daumier en est un bon exemple comme nous avons pu le voir, car de nombreux artistes comme Plantu ou Cabu ont eu recours au pastiche afin de faire un clin d'oeil à Daumier, deux siècles plus tard et pour parler de sujets d'actualité, tout en gardant l'esprit du XIXe siècle.

 

Le roi, figure emblématique de l'infériorité du peuple:

 

Autre exemple de l'influence de Daumier sur les dessinateurs contemporains, la lithographie représentant le roi sur un pavois a également été reprise par Plantu et Cabu:

 

 

Chez les trois dessinateurs, nous pouvons remarquer que le roi ( ou l'homme politique) est situé en hauteur, au dessus de la population. Les personnes représentant le peuple, quant-à elles, sont situées en dessous du roi et soutiennent le pavois sur lequel celui-ci se tient. Nous pouvons remarquer que sur les trois dessins, l'effort se lit sur le visage des personnages qui soutiennent la personne tandis que celle-ci adopte une posture relativement droite, évoquant la supériorité, la noblesse.

 

 

Défendre la liberté d'expression:

 

A toutes les époques, les dessinateurs de presse partageaient une même conviction: défendre la liberté d'expression de la presse et combattre la censure politique.

Qu'il s'agisse de Daumier ou Plantu, le recours à la caricature est le moyen employé afin de dénoncer cette censure souvent injuste.

 

Voici deux dessins de Daumier et Plantu:

 

Sur le dessin de Daumier, nous pouvons voir un imprimeur typographe utilisant une presse industrielle. L'homme se faisant «presser» est encore une fois le roi Louis Philippe, reconnaissable par le parapluie présent au premier plan (Louis Philippe ayant un jour troqué son sceptre contre un parapluie). Cette lithographie a été réalisée dans le but de dénoncer la censure injuste exigée par le roi à partir du moment où les critiques des dessinateurs visaient celui-ci.

De son côté, Plantu a choisi de représenter le prophète Mahomet, dont la représentation à plusieurs reprises avaient suscité une large controverse depuis 2005, sous forme d'une punition d'école dans laquelle la phrase «Je ne dois pas dessiner Mahomet» est inscrite plusieurs fois afin de former le visage dudit prophète. Encore une fois, le but de ce dessin est de s'attaquer à la censure de la presse mais cette fois-ci, la cible n'est plus le gouvernement mais la religion.

 

Pour conclure, nous pouvons nous rendre compte que malgré la différence d'époque, les dessinateurs de presse et artistes contemporains s'inspirent largement de leurs homologues du XIXe siècle. Animés par les mêmes convictions, ils ont largement recours à la caricature afin d'exprimer ce qui leur tient à coeur et dénoncer ce qu'ils jugent indispensable de changer. Honoré Daumier en est un bon exemple comme nous avons pu le voir, car de nombreux artistes comme Plantu ou Cabu ont eu recours au pastiche afin de faire un clin d'oeil à Daumier, deux siècles plus tard et pour parler de sujets d'actualité, tout en gardant l'esprit du XIXe siècle.

Le roi, figure emblématique de l'infériorité du peuple:

Honoré Daumier : MM. Victor Hugo et Émile Girardin cherchent à élever le prince Louis sur un pavois 1848 , ça n'est pas très solide ! : [estampe]

Honoré Daumier : MM. Victor Hugo et Émile Girardin cherchent à élever le prince Louis sur un pavois 1848 , ça n'est pas très solide ! : [estampe]

 

Autre exemple de l'influence de Daumier sur les dessinateurs contemporains, la lithographie représentant le roi sur un pavois a également été reprise par Plantu et Cabu:

 

 

 

Plantu Krach Octobre 1987

Plantu Krach Octobre 1987

 Cabu "Je n'aime pas l'argent." Le Canard enchaîné, vers 1988

Cabu "Je n'aime pas l'argent." Le Canard enchaîné, vers 1988

Chez les trois dessinateurs, nous pouvons remarquer que le roi ( ou l'homme politique) est situé en hauteur, au dessus de la population. Les personnes représentant le peuple, quant-à elles, sont situées en dessous du roi et soutiennent le pavois sur lequel celui-ci se tient. Nous pouvons remarquer que sur les trois dessins, l'effort se lit sur le visage des personnages qui soutiennent la personne tandis que celle-ci adopte une posture relativement droite, évoquant la supériorité, la noblesse.

 

 

Défendre la liberté d'expression:

 

A toutes les époques, les dessinateurs de presse partageaient une même conviction: défendre la liberté d'expression de la presse et combattre la censure politique.

Qu'il s'agisse de Daumier ou Plantu, le recours à la caricature est le moyen employé afin de dénoncer cette censure souvent injuste.

 

Voici deux dessins de Daumier et Plantu:

 

Sur le dessin de Daumier, nous pouvons voir un imprimeur typographe utilisant une presse industrielle. L'homme se faisant «presser» est encore une fois le roi Louis Philippe, reconnaissable par le parapluie présent au premier plan (Louis Philippe ayant un jour troqué son sceptre contre un parapluie). 

Honoré Daumier Ah ! Tu veux te frotter à la presse Lithographie, état unique, avec la lettre. 1833. Épreuve sur blanc, ancienne collection Laterrade. 22,5 x 20,4 cm. Delteil 71.  Publiée dans La Caricature, le 3 octobre 1833. BnF, Estampes et Photographie, Rés. Dc-180b (2)-Fol. Louis-Philippe, dont on reconnaît le légendaire parapluie au premier plan, est pressé par un ouvrier typographe vengeant la liberté, menacée, de la presse. Cette planche préfigure la célèbre lithographie Ne vous y frottez pas !!, publiée par L'Association mensuelle en mars 1834.

Honoré Daumier Ah ! Tu veux te frotter à la presse Lithographie, état unique, avec la lettre. 1833. Épreuve sur blanc, ancienne collection Laterrade. 22,5 x 20,4 cm. Delteil 71. Publiée dans La Caricature, le 3 octobre 1833. BnF, Estampes et Photographie, Rés. Dc-180b (2)-Fol. Louis-Philippe, dont on reconnaît le légendaire parapluie au premier plan, est pressé par un ouvrier typographe vengeant la liberté, menacée, de la presse. Cette planche préfigure la célèbre lithographie Ne vous y frottez pas !!, publiée par L'Association mensuelle en mars 1834.

Cette lithographie a été réalisée dans le but de dénoncer la censure injuste exigée par le roi à partir du moment où les critiques des dessinateurs visaient celui-ci.

De son côté, Plantu a choisi de représenter le prophète Mahomet, dont la représentation à plusieurs reprises avaient suscité une large controverse depuis 2005, sous forme d'une punition d'école dans laquelle la phrase «Je ne dois pas dessiner Mahomet» est inscrite plusieurs fois afin de former le visage dudit prophète. Encore une fois, le but de ce dessin est de s'attaquer à la censure de la presse mais cette fois-ci, la cible n'est plus le gouvernement mais la religion.

 

 

 Plantu "Je ne dois pas dessiner." Le Monde, 2006

Plantu "Je ne dois pas dessiner." Le Monde, 2006

Pour conclure, nous pouvons nous rendre compte que malgré la différence d'époque, les dessinateurs de presse et artistes contemporains s'inspirent largement de leurs homologues du XIXe siècle. Animés par les mêmes convictions, ils ont largement recours à la caricature afin d'exprimer ce qui leur tient à coeur et dénoncer ce qu'ils jugent indispensable de changer. Honoré Daumier en est un bon exemple comme nous avons pu le voir, car de nombreux artistes comme Plantu ou Cabu ont eu recours au pastiche afin de faire un clin d'oeil à Daumier, deux siècles plus tard et pour parler de sujets d'actualité, tout en gardant l'esprit du XIXe siècle.

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